• Le réchauffement de la Planète

    Au Groenland, une équipe de scientifiques poursuit des recherches pour analyser le climat sur les 250 000 dernières années.


     Un refroidissement brutal

    Il y a 13 000 ans, un refroidissement brutal de la température s’est produit. A ce moment là, la Terre sortait d’une longue période glaciaire. La température remontait progressivement quand tout fut bouleversé.
    Dans un premier temps, sous l’effet de l’augmentation de la température, les glaciers commencèrent à fondre.L’inondation qui s’en suivit fut catastrophique.L’eau douce se déversa dans l’océan Atlantique et provoqua une baisse de la salinité de l’eau de mer.L’ensemble de la circulation du courant océanique s’est alors interrompu.Cet arrêt plongea des régions du globe dans le froid. Ce fut comme un retour à la période glaciaire.

     

    Etendue de la calotte glaciaire et de la banquise au cours de la dernière période glaciaire, il y a 13 000 ans


    Le rôle de la circulation océanique

    La circulation océanique influence beaucoup le climat de la Terre.
    D’une part, elle entraîne les eaux tropicales chaudes vers le Nord. Cela permet de réchauffer les régions froides et de leur procurer des hivers doux.
    D’autre part, elle évite le réchauffement excessif des eaux tropicales en les refroidissant.

     

    Le grand convoyeur océanique

    Toutes les grosses perturbations climatiques du passé sont dues à un problème dans la circulation océanique. Or, aujourd’hui, nous sommes à la veille d’une perturbation de ces courants.
    En effet, cette circulation a déjà commencé à ralentir et risque de s’affaiblir très rapidement. Le flux du Gulf Stream a diminué de 20% au niveau des îles Féroé.

    On ne peut savoir aujourd’hui si ce phénomène provoquera une nouvelle ère glaciaire comme ce fut le cas il y a 13 000 ans.
    Mais, il faut s’attendre à ce qu’il entraîne un bouleversement climatique considérable. 

     Thermomètres naturels : les icebergs


    Les icebergs constituent de gigantesques réservoirs d’eau douce. Quand ils fondent, ils diminuent la salinité de l’eau. Ce phénomène perturbe la circulation des courants en eau profonde.

    Aujourd’hui, avec le réchauffement de la planète, le nombre d’icebergs est en augmentation.
    Jusqu’en 1970, on dénombrait environ 400 icebergs qui descendaient de l’Atlantique Nord vers les eaux canadiennes.
    Dans les années 80, on en comptait 600. Et, dans les années 90, on en comptait plus de 1000 par an. 

     

     Dioxyde de carbone et réchauffement

    Le réchauffement de la planète résulte de l’augmentation du gaz carbonique. Nos émissions de gaz à effet de serre totalisent 24 milliards de tonnes de dioxyde de carbone chaque année.

    En parallèle, nous détruisons nos forêts et polluons nos océans. Or, ce sont les plantes et le plancton qui permettent le recyclage du gaz carbonique.
    Les niveaux en CO² (gaz carbonique) ont augmenté du tiers par rapport à il y a 250 ans.

     

     Conséquences d’un réchauffement

    Si le réchauffement de la planète continue au rythme actuel, la température des océans pourrait s’accroître d’un degré ½ d’ici 2050.
    L’écosystème aquatique en serait totalement altéré.
    Un million d’espèces animales et végétales pourrait disparaître d’ici 2050 (estimation de la revue Nature du 8/01/2004).

    Le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) prévoit la disparition de 21% à 52% des espèces.

    Si nous ne réduisons pas nos émissions de gaz à effet de serre, la température mondiale, qui a déjà augmenté de 0,6 degré au cours du siècle dernier, augmentera d’un nouveau degré.

    Même les scientifiques les moins pessimistes prévoient des phénomènes catastrophiques :

     

    Disparition des glaciers

    Inondations

    Vagues de chaleur et tempêtes

    Elévation d’au moins 30 cm du niveau des mers

    Scénario catastrophe


    Sans sombrer dans le sensationnel, le sujet est trop grave pour cela, il n’est pas évident que les gouvernements prennent conscience de la gravité du problème avant qu’il ne soit trop tard.

    Non seulement nous ne diminuons pas nos émissions de gaz, mais il est presque certain que nous allons les quadrupler.
    Dans cette hypothèse, loin d’être fantaisiste malheureusement, la température augmenterait de 8 degré (estimation du centre Hadley du Met office).

    Dans ce cas là, selon les experts, notre planète connaîtrait des températures semblables à celles qui existaient il y a 40 millions d’années.
    A cette époque là, les calottes polaires n’étaient pas permanentes et le niveau des mers était supérieur de 12 m à celui d’aujourd’hui.
    Inutile de dire que de nombreux pays seraient engloutis.


    Le Centre Hadley prévoit déjà d’ici 2080, si rien n’est fait, des changements climatiques inquiétants :


    Diminution de 50% de la pluviosité sur les Tropiques (Afrique Tropicale, sud-est de l’Asie, Australie). Les Etats-Unis verront également une diminution de leur pluviosité.
    Elévation du niveau des mers en Europe, Indonésie, Delta du Gange
    Couverture de glace qui s’étendrait sur l’Europe du Nord et une partie de l’Angleterre.
     Réchauffement ou Refroidissement de la planète ?

    Si le courant du Groenland s’arrêtait, la Terre connaîtrait t-elle une nouvelle période glaciaire ?

    Plusieurs scénarios sont avancés par les scientifiques. L’affaiblissement de ce courant peut entraîner deux scénarios opposés :

     

    1/ il affaiblit le Gulf Stream et déclanche un refroidissement

    2/ il augmente le taux de dioxyde de carbone dans l’air et contribue au réchauffement du climat

    Il y a 13 000 ans, la mise en sommeil de ce courant a entraîné une glaciation. Mais aujourd’hui, les températures sont plus élevées qu’à cette époque à cause de l’activité humaine.
    L’augmentation de dioxyde de carbone pourrait se produire avant que les calottes glaciaires n’aient le temps de s’étendre.
    L’effet pourrait donc être totalement inversé.

    Dans tous les cas de figure, le climat tempéré dont nous jouissons actuellement serait totalement modifié.
    Nos ancêtres ont pu survivre aux bouleversements climatiques mais ils n’étaient pas 6 à 8 milliards comme le prévoit l’ONU pour les 50 années à venir.


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