• Le christianisme

    Fondateur de la religion chrétienne, Jésus-Christ est, de l'aveu même des incroyants, un des personnages essentiels de l'histoire.

    Le christianisme débute par la prédication de Jésus qui annonce à l'humanité l'avènement du royaume de Dieu.

    Au départ, simple secte dérivée du judaïsme palestinien, tolérée en tant que telle par les autorités romaines, le christianisme va s'affirmer comme une religion révélée qui accomplit la religion de Moïse. Avec également cette singularité que son fondateur Jésus, Iéchoua, qui veut dire « Yahvé est salutaire » en hébreu, n'est pas seulement un simple intermédiaire entre la divinité et l'humanité, mais Dieu lui-même, en personne.
     
     
     
     
     La naissance de Jésus de Nazareth



    Selon les évangiles, Jésus de Nazareth naît à Bethléem, en Palestine, au temps du roi Hérode, lors d'un voyage de ses parents.


    Comme il n'y a pas de place dans les auberges, Marie, sa mère, accouche dans une grotte qui sert d'étable. L'enfant reçoit l'hommage de trois «Rois mages », Melchior, Gaspard et Balthazar, venus d'Orient lui offrir l'or, l'encens et la myrrhe.


    Hérode, prévenu de la naissance d'un « roi des juifs », ordonne de tuer tous les nouveau-nés.


    Prévenu par un songe, Joseph, son père et l'époux de Marie, s'enfuit en Egypte avec sa famille, avant de regagner Nazareth en Galilée. Certainement charpentier comme Joseph, Jésus mène une vie « cachée» jusqu'à l'âge de 30 ans.



    Jésus est originaire de Nazareth en Galilée : tel est l'état civil qui va figurer sur sa condamnation. Pourtant ses origines sont en Judée puisqu'il descend du roi David. Sa généalogie est connue et il appartient à une vieille famille juive ; c'est à Bethléem qu'il est né, mais on ne peut préciser la date exacte de sa naissance puisque les Évangiles se réfèrent soit au règne d'Hérode le Grand, qui mourut en 4 avant notre ère, soit au recensement de Quirinius, qui a pu avoir lieu soit entre 12 et 8, soit en 6 de notre ère.


    En tout cas, la date « officielle » de la naissance de Jésus, qui détermine notre ère, fut calculée au Ve siècle sur des bases erronées.


    Le milieu galiléen est très ouvert; la population est cosmopolite et certaines villes, comme Césarée, sont très hellénisées ; les ports phéniciens sont tout proches. Jésus vit donc au contact de païens et sa langue est l'araméen, qui est même utilisé à la synagogue. Il apprend à lire et à écrire; son métier manuel (charpentier) et sa connaissance de la campagne ne permettent pas de le situer plus précisément dans la société de son temps, dont il reflète pourtant les préoccupations.



     La rencontre des Baptistes


    Comme bien d'autres juifs, Jésus quitte son village pour s'intégrer à un groupe en recherche de Dieu. Il rejoint les baptistes, qui refusent la religion formaliste, dépendant du Temple.

    Dans l'attente d'une manifestation de Dieu, ils se distinguent par leur exigence de pureté, dont le baptême est le symbole.



    Jean le Baptiste prêche le repentir et la conversion. Après l'avoir rencontré, Jésus découvre sa mission prophétique et recrute dans ce milieu ses premiers disciples.

    Il prend vite la tête d'un petit groupe indépendant, et ne suit pas le Baptiste dans son ascétisme et son refus du monde; lui-même ne baptisera pas, prêchant à la manière d'un docteur, d'un savant. Ses disciples viennent de partout et le groupe de Jésus semble particulièrement ouvert, alors que les sectes du temps sont très exclusives.



     Jésus, le prédicateur


    Jésus commence sa vie publique et sa prédication en se faisant baptiser dans le Jourdain par Jean le Baptiste (IVe siècle. Musée de la civilisation romaine, Rome)


    Jésus se déplace beaucoup entre la Galilée et Jérusalem. Mais on ne peut établir le nombre de ses séjours à Jérusalem ni la durée de sa prédication : tout pourrait se réduire à un an, selon l'Evangile de Marc, ou se développer sur trois années, selon celui de Jean.


    Il fait par ailleurs d'autres voyages, en Phénicie et dans la Décapole, au nord et à l'est de la Galilée. Il utilise l'hospitalité d'amis et de sympathisants, ce qui l'introduit parmi les patrons pêcheurs aussi bien que parmi les fonctionnaires ou les intellectuels. Accueilli dans les familles, il fait surtout des adeptes parmi les femmes celles-ci sont nombreuses à contribuer à sa mission et à l'accompagner dans ses déplacements, ce qui est assez singulier pour l'époque, mais révélateur de l'intérêt que Jésus porte à leurs aspirations mystiques.



     L'enseignement de Jésus


    Il énonce des règles de vie sociale, mais surtout il prophétise. Certaines exhortations à la conversion, les prédictions sur la fin du monde ou les malédictions ont des accents qui rappellent la tradition des anciens prophètes. Mais Jésus pratique aussi la méthode des rabbins de son temps, qui est d'utiliser des récits illustrés appelés « paraboles ».
    La vocation de prophète de Jésus se manifeste nettement quand il chasse les « démons » et guérit les malades, car juifs et païens s'attendent à des manifestations surnaturelles de la part d'un homme de Dieu.



    La maladie a un aspect religieux : imputée à des esprits mauvais, omniprésents, elle doit inciter au repentir et à la purification.

    Dans les synagogues, on commente abondamment les miracles de la Bible, que le Messie devra accomplir à son tour.
    Ainsi Jésus est-il peu à peu perçu comme le Messie-roi, celui qui proclame le règne de Dieu, celui qu'annoncent les Psaumes et qu'attendent les esséniens.
    L'idée de l'avènement du Messie est très contestataire, dans un pays en pleine effervescence et imprégné d'un nationalisme exacerbé.


     La condamnation de Jésus


    Ce n'est pas la croyance de Jésus en la résurrection qui choque l'opinion, car elle est répandue chez les pharisiens. Ce qui lui vaut le plus d'inimitié, c'est l'ambiguïté de ses propos sur le Temple.
    Jésus affirme que Dieu habite le cœur de l'homme, et ne privilégie pas l'édifice de pierre. Il compare son propre corps au Temple et en prédit la destruction.


    De plus, il a chassé les marchands de l'esplanade du Temple, perturbant ainsi le rituel des sacrifices, ce qui ressemble à une provocation. Aussi la milice du grand prêtre se chargera-t-elle de son arrestation.



    Mais le véritable catalyseur de toutes les oppositions est l'accueil royal que reçoit Jésus à Jérusalem, à la veille de la pâque. Il avait échappé à la foule en liesse en se réfugiant à Éphraïm, mais cette même foule vient le chercher à Béthanie et l'escorte à Jérusalem, où il entre en Messie. Tous attendent une révolution, mais Jésus continue son enseignement et retourne à Béthanie. La foule est désenchantée, l'événement semble sans lendemain, mais les notables ont peur : Jésus est désormais considéré comme un élément subversif qu'il faut éliminer.



    Condamné à mort comme blasphémateur par le Sanhédrin, la plus haute autorité rabbinique de l'époque, devant lequel il s'était présenté comme le fils de Dieu, le prévenu sera conduit au procurateur romain, Ponce Pilate, afin de ratifier la sentence, déjà portée contre lui par une bonne partie de l'opinion juive. Mais devant le tribunal d'un empire multinational, plutôt tolérant, l'argument religieux reste inopérant. Il doit donc être tourné en accusation politique : Jésus ayant dit qu'il était le Messie attendu par le monde juif, n'a-t-il pas avoué qu'il était le roi d'Israël ? C'est pourquoi la croix du supplice portait en écriteau INRI, (Jésus de Nazareth roi d'Israël), allusion directe à sa condamnation politique.




    Pendant le procès de Jésus, Pilate se lave symboliquement les mains, abandonnant celui-ci aux Juifs qui veulent sa mort. Le gouvernement de Ponce Pilate en Judée  fournit le repère chronologique le plus précis sur la vie de Jésus.

    C'est comme « roi des juifs », aspirant à la royauté et coupable de lèse-majesté, que Jésus est condamné et exécuté.
    Le mode d'exécution est la crucifixion, utilisée par les Romains pour servir d'exemple dans les révoltes.



     De Jésus au Christ


    La religion chrétienne naît trois jours plus tard, lorsque les disciples découvrent le tombeau vide, cet événement fonde leur foi en la résurrection de Jésus, le « premier-né d'entre les morts » selon les quatre Évangiles, qu'ils reconnaissent alors comme le Messie, « l'oint de Dieu », le Christ.


    Si les premiers disciples pratiquent encore la religion d'Abraham et de Moïse tout en observant les nouveaux rites, il n'en est plus de même après la Résurrection. Désormais, être chrétien, c'est croire que Jésus, Fils de Dieu fait homme, est venu sur terre, qu'il est mort sur la croix et qu'il est ressuscité pour le salut des hommes. Si l'eucharistie scelle la nouvelle alliance par le sang du Christ, le baptême marque l'entrée dans la communauté de l'Église.

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :