Le point culminant de l'exploration lunaire fut bien sûr l'arrivée de l'homme, le 20 juillet 1969, lors de la mission Apollo 11. En tout, six missions habitées se posèrent sur la surface de la Lune entre 1969 et 1972. Ces missions avaient avant tout un caractère symbolique et politique en cette époque de guerre froide, mais elles furent également l'occasion de nombreuses expériences, en particulier sur l'atmosphère lunaire, son champ magnétique, sa structure interne ou le vent solaire. Elles permirent également la collecte de roches lunaires qui furent ramenées sur Terre pour analyse. Notons que d'autres roches furent également retournées sur Terre par des sondes automatiques soviétiques, en particulier Luna 24 qui fut la dernière sonde lunaire des années 1970.
L'avant-dernière visite de la Lune remonte à 1994 avec la mission Clementine. Cette sonde, une collaboration entre la NASA et des institutions militaires, passa deux mois en orbite autour de notre satellite. Elle prit en particulier des images de la surface lunaire dans 4 longueurs d'onde et effectua des mesures altimétriques par laser. Ces observations permirent d'établir une carte minéralogique de la surface lunaire ainsi qu'une carte topographique. Un problème d'ordinateur empêcha malheureusement Clementine d'accomplir la seconde partie de sa mission, le survol de l'astéroïde Geographos.
La dernière visite date de 1998 avec la mission Lunar Prospector. Cette sonde orbita la Lune pendant environ 18 mois, avec pour but d'étudier la composition de la surface, de mesurer le champ magnétique et d'analyser les variations du champ gravitationnel de la Lune. L'un des résultats les plus importants est la détection de fortes concentrations d'hydrogène aux deux pôles, signe de la présence de quantités significatives de glace dans certains cratères dont l'intérieur n'est jamais éclairé et réchauffé par le Soleil. La mission se termina lorsque la sonde fut forcée, de façon délibérée, à s'écraser à l'intérieur d'un cratère près du pôle sud. Les scientifiques espéraient ainsi provoquer l'apparition de vapeur d'eau à partir de possibles couches de glaces, mais les observations depuis la Terre ne détectèrent rien.