• Lovecraft et l' astronomie

    "Je me demande si vous vous préoccupez de la science de l'Astronomie ? Ceci a toujours été une source de fascination pour moi depuis douze ans -- juste la moitié de ma vie." (lettre à Maurice W. Moe, 8 décembre 1914)

    "... l'astronomie a toujours été ma science favorite, suivie assidument depuis l'âge de douze ans." (lettre à Clark Ashton Smith, 25 mars 1923)

     Astrologie


    "Il y a peu de temps, un charlatan nommé Hartmann, adepte de la pseudo-science de l'Astrologie, s'est mis à diffuser dans les colonnes des News les pernicieux sophismes habituels de l'art occulte, si bien que dans l'intérêt de la véritable astronomie j'ai été contraint d'entreprendre une campagne agressive et satirique. J'ai commencé sérieusement avec "la Science contre le charlatanisme", que j'ai fait suivre de "la Fausseté de l'astrologie", mais, par la suite, l'acharnement stupide de ce Nostradamus moderne m'a obligé à prendre comme arme le ridicule. Je suis donc revenu à mon siècle tant aimé de la reine Anne et j'ai décidé de m'inspirer des célèbres attaques de Swift contre l'astrologue Pantridge, publiées sous le nom de plume d'Isaac Bickerstaffe (ou Bickerstaff -- j'ai vu le nom écrit des deux façons). En conséquence, j'ai publié un article satirique dans lequel j'ai énuméré avec gravité et solennité la collection la plus insensée de prophéties fantaisistes que j'ai pu imaginer ; le tout était intitulé "l'Astrologie et l'Avenir", sous la signature d'Isaac Bickerstaffe, Jr.. J'annonçais la fin du monde en 4954 par suite d'une explosion des gaz internes. Hartmann ne sut pas très bien si je devais ou non être pris au sérieux et il continua ses manifestations de saltimbanque, si bien que je préparai un article signé Backerstaffe dont le ridicule devrait devenir plus évident vers la fin. Dans cette conclusion, "la Comète de Delavan et l'astrologie", j'expliquais comment le genre humain serait sauvé de la destruction grâce à son transport sur la planète Vénus ! Malgré son intellect obtus, le charlatan a dû déceler le caractère sarcastique de cette pesante prophétie, car, sans un mot de plus, il a cessé désormais d'insuffler ses idées fausses à un public crédule." (lettre à Maurice W. Moe, 8 décembre 1914)

     

    "Comme pour l'astrologie -- car j'ai toujours été un adepte de la vraie science de l'astronomie, qui prend ses racines sous les arrangements célestes irréels sur lesquels sont basées les prédictions astrologiques. En 1914, j'ai conduit une lourde campagne dans les journaux contre un défenseur de l'astrologie, et en 1926 j'ai lu quelques ouvrages astrologiques (depuis largement oubliés) de façon à rédiger un exposé systématique de cette science pour personne de moins important que Houdini. Ceci comprend la somme de mes connaissances astrologiques -- le tracé des horoscopes n'ayant jamais fait partie de mes ambitions. Si jamais je devais employer une légende astrologique dans l'une de mes histoires, je ferais certainement appel à vous pour les détails réalistes." (lettre à E. Hoffman Price, 15 février 1933)

     
    Bételgeuse


    Bonne chance avec Hastur -- mais n'utilisez aucun mot qui sonne comme 'Betelgeuse' pour représenter le nom primal de ce soleil lointain (ou pour représenter le nom utilisé par les habitants de l'une de ses hypothétiques planètes) car ce nom tire ses origines du Moyen-Age arabe, et signifie "l'épaule du géant" -- Ibn at Jauzah --, Orion ayant été connue comme Al Jauzah par les astronomes sarazins -- qui firent tant pour faire évoluer cette science." (lettre à August Derleth, 30 janvier 1933)

     
    Elijah Burrit


    Ma grand-mère maternelle, qui décéda alors que j'avais six ans, était une amoureuse dévouée d'astronomie, et en fit une spécialité du Lapham Seminary, où elle fut éduquée ; et bien qu'elle ne m'ait jamais montré les beautés du ciel, c'est à son excellente mais obsolette collection de livres astronomiques que je dois mon affection pour la science céleste. Sa copie de "Burritt's Geography of the Heavens" est aujourd'hui le volume le plus prisé de ma bibliothèque." (lette à Maurice W. Moe, 1er janvier 1915).

     
    Les comètes


    La nuit dernière, j'ai eu une vue intéressante de la Comète de Peltier, à travers le télescope de 12" du Labb Observatory (dans l'Université de Brown) situé à un mile au nord d'ici. J'avais l'habitude de hanter cet observatoire il y a 30 ans déjà -- le directeur et ses deux assistants (tous morts maintenant -- sauf un assistant qui est à l'Université de Wesleyan à Middletown, dans le Connecticut) étant infiniment tolérants envers un adolescent aux ambitions astronomiques si grandioses ! Cet objet me montrait à présent un petit disque, avec une queue en fanion. J'aurais pu le voir à l'aide de mon propre petit télescope, là où le ciel du nord est moins découpé par le voisinage du 66. La première comète que j'ai observé était celle de Borelli -- en août 1903. J'ai vu celle de Halley en 1910 -- mais j'en ai manqué une très brillante apparue plus tôt cette année, à cause d'une douleur infernale qui m'a retenue au lit. (lettre à Robert H. Barlow, 23 juillet 1936)

     
    Willem de Sitter

     
    ... J'ai entendu une lecture du Professeur de Sitter ici le 9 novembre sur la Taille de l'Univers. L'une des plus développements astronomiques récents parmi les plus spectaculaires est la conviction grandissante que le cosmos visible est dans un état d'expansion constante -- comme s'il étendait son contenu dans les espaces vides. Probablement toutes les unités cosmiques ont une histoire similaire -- se formant par l'aggrégation accenditelle de particules atomiques, avant de suivre une série de réajustements typiques basés sur les propriétés électriques de la matière, et se terminant par une désintégration finale et une dispersion. De Sitter n'est pas le premier défenseur de cette vue du cosmos -- qui tire peut-être ses origines des travaux spectroscopiques du Docteur V.M. Silpher à l'observatoire de Lowell en Arizona (qui a prouvé que toutes les spirales nébuleuses -- galaxies externes -- sont rejetées rapidement vers l'espace extérieur), mais il est le premier à en faire le sujet d'un fait mathématique à la manière d'Einstein.
    Il sera aussi intéressant de voir comment la théorie de Sitter sur l'origine du système solaire (à travers des collisions d'étoiles) supportera la comparaison avec les autres points de vue qui ont été dominants depuis 1905 ou 1906. De Sitter est un vieux petit homme à l'apparence plaisante, avec une frange de cheveux blancs et une pleine barbe blanche. Il parle un anglais excellent, mais il n'a pas une grande puissance vocale et ceux qui sont cantonés au fond lors de ses audiences manquent réellement de chance. Il est par ailleurs extrèmement malin pour ce qui est d'expliquer les grandes lignes d'un sujet complexe avec des termes accessibles, et apporte un soin particulier au choix de ses illustrations. (lettre à Miss Elizabeth Toldridge, 3 décembre 1931)


    Les éclipses


    J'espère me rendre au nord de Boston pendant l'éclipse du 31 août, mais je ne suis pas sûr de savoir si je dois m'inquiéter de rester dans le Maine pour être dans la zone de durée maximale. Il importe relativement peu qu'un amateur voie la totalité pendant une demi-minute plutôt qu'une minute et demie, tant qu'il la voie. Même un flash momentané donne le bénéfice complet de la couronne. En 1925 (lorsque j'étais à New York), certains d'entre nous se sont trempés dans le froid du nord de Yonkers pour voir l'éclipse de Janvier, mais Long (d'après sa description) semble en avoir vu autant que nous depuis son appartement de la 100e rue. (lettre à Miss Elizabeth Toldridge, 12 août 1932)

     

     


    Bien -- la carte de moi et Culinarius a dû vous apprendre notre succès sur cette éclipse. Grandpa est maintenant dans la classe des "deux-couronnes" -- à moins que vous n'ayez un jour pluvieux au Pérou en 37! J'ai entendu qu'il pleuvait à Providence. Boston a obtenu une bonne vue de cette obscurité à 99% -- mais aussi près de Medford, elle a été à moitié ruinée par les nuages. J'espère que Smithy a eu de la chance à Haverhill (avec deux secondes de totalité) comme nous en avons eu à Newburyport.

    Pour les détails, nous avons atteint le bourg de Bossy Gillis longtemps avant le début de l'éclipse, et avons choisi une colline avec une vue dégagée -- près de l'extrémité nord de High Street -- comme observatoire. Le ciel était moutonneux, et nous étions naturellement anxieux -- mais le soleil est arrivé peu de temps après et nous a rendu le sourire face à ce spectacle. L'aspect de la campagne n'a pas changé de ton avant que le croissant solaire ne soit assez petit, et alors une sorte d'intensité crépusculaire est apparue. Lorsque le croissant est devenu extrèmement fin, la scène est devenue étrange et spectrale -- une paleur presque mortelle dans la lumière blafarde.

    Juste à cet instant le soleil s'est caché derrière un nuage, et notre expédition a commencé à maudire dans 33 languages incluant l'Ido. Finalement, toutefois, le fin croissant de la pré-totalité a émergé dans une large zone de ciel absolument dégagé. Les vallées alentour sont alors disparues dans cette lumière non naturelle -- Jupiter est apparue dans des paradis violet profond -- des bandes ombragées courraient le long des nuages -- la dernière lumière vive disparut -- et la pâle couronne scintilla dans une auréole radiant autour du disque noir de la lune.

     Nous voyions le véritable spectacle ! Bien que Newburyport ne soit en aucune manière proche de la ligne de durée maximale, la totalité dura un temps étonamment long -- suffisamment longtemps pour garder l'impression de s'y noyer de façon inaltérable. Il aurait été folie que de se rendre sur la ligne centrale surpeuplée dans le Maine ou le New Hampshire. La terre a été obscurcie de façon bien plus prononcée que dans notre creuset congelé de 25' (le froid de ce damné train me revient en mémoire à cette occasion !), bien que la couronne n'y ait pas été aussi lumineuse. Il y avait une zone de lumière s'étendant au dessus et à gauche du disque, avec une zone correspondante plus courte en dessous et à droite.

    Nous avons observé toute la manifestation avec les yeux ouverts et la bouche bée. Finalement le croissant caché a réémergé, la vallée a été rééclairée d'une lumière blafarde et effrayante, et les différentes phases se sont répétées dans l'ordre inverse. Le miracle était terminé, et les choses familières reprirent leur place. (lettre à James F. Morton, 3 septembre 1932)


     Albert Einstein et la relativité


    Comme pour Einstein -- il ne peut y avoir aucun doute que sa réputation soit solidement fondée. Quoi que les mathématiciens et physiciens futurs puissent découvrir quant au mode de fonctionnement de ces principes, il semble certain que les faits généraux de la relativité et de l'espace courbe sont des réalités palpables, sans la prise en compte desquelles il sera impossible de construire aucune sorte de conception réelle du cosmos. (lettre à Miss Elizabeth Toldridge, 20 décembre 1930)

     
    Le Planétarium Hayden


    A deux occasions -- une fois avec Sonny et une fois avec Sonny et Wandrei -- j'ai visité le nouveau Planetarium Hayden au Museum d'Histoire Naturelle, et j'ai trouvé qu'il s'agissait d'un monument impressionnant. Il consiste en un dôme rond avec deux tableaux. Au niveau inférieur se trouve un hall circulaire dont le plafond est un gigantesque planetarium -- montrant la révolution des planètes autour du soleil à leur vitesse relative. Au-dessus se trouve un autre hall circulaire dont le toit est le grand dôme, et dont les murs sont peints pour représenter l'horizon de New York vu depuis Central Park. Au centre de ce hall supérieur se trouve un curieux projecteur qui projette sur le dôme concave une parfaite image du ciel -- capable de reproduire l'apparence naturelle de la voute céleste, et de dépeindre les cieux vus à n'importe quelle heure, en n'importe quelle saison, sous n'importe quelle latitude et à n'importe quelle période de l'histoire. D'autres parties du projecteur peuvent projeter des images mobiles du soleil, de la lune et des planètes, ainsi que des flèches et cercles diagrammatiques explicatifs. L'effet est infiniment réel -- comme si l'on se trouvait dehors sous le ciel. (lettre à Alfred Galpin, 17 janvier 1936 


    L'Observatoire Ladd


    Pendant l'été 1903, ma mère m'a présenté un télescope astronomique de 2,5", et après cela mon attention fût surtout relevée la nuit. Le Professeur Upton de l'Université de Brown, un ami de la famille, me donna la liberté de me rendre à l'observatoire du collège (le Ladd Observatory), et je pouvais m'y rendre à volonté sur ma bicyclette. L'observatoire domine une éminence considérable à environ 1 mile de la maison. J'avais l'habitude de monter la colline de Doyle Avenue avec mon vélo. Aussi mes observations étaient-elles constantes, si bien que mon cou fut affecté par la difficulté de se maintenir dans une position difficile. Tout cela m'a fait beaucoup souffrir, et il en résulte aujourd'hui une courbure permanente, visible encore aujourd'hui à un observateur proche. (lettre à Rheinhart Kleiner, 16 novembre 1916)

     

    De 1906 à 1918, j'ai contribué par des articles mensuels sur les phénomènes astronomiques à l'un des quotidiens de Providence les moins diffusés. Une chose qui m'a beaucoup aidé est le libre accès que j'avais à l'Osbervatoire Ladd de l'Université de Brown -- un privilège inhabituel pour un enfant, mais rendu possible par le Professeur Upton -- à la tête du Département Astronomique du collège et directeur de l'observatoire -- et qui était un ami de la famille. Je suppose que j'ai ennuyé les gens de l'observatoire la moitié du temps, mais ils ont toujours été très gentils. J'avais la chance de voir tous les équipements modernes standards d'un observatoire (y compris un télescope de 12") en action, et je lisais indéfiniment dans la bibliothèque de l'observatoire. Les professeurs et leur humble assistant -- un petit anglais affable nommé John Edwards -- m'aidaient souvent à installer les équipements, et Edwards me fit de magnifiques photos (à partir d'illustrations de livres) que j'utilisais pour illustrer mes lectures astronomiques dans les clubs. (lettre à Duane Rimel, 29 mars 1934)

     
    Percival Lowell


    Parmi les célébrités -- l'une de mes expériences avait à voir avec un astronome plutôt qu'avec un géant poétique; il y a Percival Lowell, le frère du Président Lowell de Harvard, et très connu observateur de Mars -- son observatoire est à Flagstaff, dans l'Arizona. Il a fait une lecture dans la ville en 1907, alors qu'il écrivait pour la Tribune, et le Professeur Upton de l'Université de Brown m'a présenté à lui avant sa lecture dans Sayles' Hall. Voici maintenant la partie amusante -- je n'ai jamais eu, je n'ai pas, et je n'aurai jamais la moindre croyance dans les spéculations de Lowell; et lorsque je l'ai rencontré je venais juste de remettre en cause ses théories dans mes articles astronomiques, avec mon language cruel si caractéristique. Avec l'égotisme de mes 17 ans, j'avais peur que Lowell n'ait lu ce que j'avais écrit ! J'ai donc essayé d'être aussi tolérant que possible dans mes paroles, pour découvrir finalement que l'éminent observateur était plus disposé à me poser des questions sur mon télescope, mes études,..., que de discuter de Mars. Le Professeur Upton l'a bientôt conduit vers l'estrade, et je me suis félicité qu'un désastre ait été évité ! (lettre à Rheinhart Kleiner, 19 février 1916) 


    Les Arcs en Ciel Lunaires


    Le 14 août à 20 heures, j'ai observé un phénomène que, bien que j'en connaisse l'existence à travers les livres, je n'avais jamais vu auparavent. Aucune des personnes présentes n'avait eu l'occasion de le voir d'ailleurs, bien que l'aasistance intègre des personnes ayant jusqu'à 66 ans. C'est ce que j'appelle un arc-en-ciel lunaire -- un arc clair, complet, dans le ciel au nord-ouest opposé à la pleine lune montante. Bob clame qu'il y a repéré des couleurs -- plus spécialement du rouge sur la frange extérieure -- bien que je n'y ai vu qu'un gris uniforme. Après l'observation de deux éclipses solaires complètes et maintenant d'un arc-en-ciel lunaire, je me considère maintenant comme un connaisseur des phénomènes bizarres. (lettre à James F. Morton, 19 août 1935)

     
    Les expériences de Michelson-Morlay


    J'ai eu récemment des lectures intéressantes sur la République de Platon, l'art moderne, Gilbert Stuart, les argentiers de Rhode-Island, l'art grec antique, la Philosophie et la Poésie, la sculpture classique, les ruines Mayas et l'expérience Michelson-Morley. Cette dernière, suivie au collège lundi soir, était par le Professeur Dayton C. Miller, anciennement collègue de Morlay et à présent continuateur de ses expériences. Il nous a fourni des preuves assez convaincantes comme quoi les résultats réels de l'expérience ne montraient PAS l'absence totale d'effet de l'observateur sur la vitesse de la lumière qui forme l'assertion sous-jacente à la théorie d'Einstein. Au lieu de cela, il y a vraiment l'absence d'une réelle différence que l'observateur a oublié de mentionner (en accord avec la vieille théorie du temps et de l'espace).

    Le Professeur Miller s'est très pertinemment demandé pourquoi Einstein -- et Eddington et Jeans et tous les autres -- supposaient (et basaient toute une théorie d'entité cosmique sur cette supposition) que l'expérience de Michelson-Morlay donnait toujours zéro (reconnaissant toute différence avec ce résultat comme étant une erreur), alors qu'en réalité il donne toujours un résultat sensiblement différent de zéro ; dans la direction que le mouvement terrestre (en orbite, et dans l'espace cosmique avec le soleil) indiquerait (selon les anciens concepts pré-Einstein), même si ce n'est pas dans la quantité demandée par ce mouvement (en l'absence d'autres facteurs de complication inconnus). Miller lui-même n'offre pas de solution dogmatique, mais suggère qu'une dérive dans l'ether luminifère (en assumant, au contraire d'Einstein, qu'il existe) dans la direction du mouvement de la terre attesterait -- sur la base de l'ancienne théorie pre-Einstein d'un univers de non relativité -- du fait que le changement de position de l'observateur dans l'espace est l'un des effets demandé par ce vieux concept, mais pas dans une quantité suffisante.

    Si Miller ne se trompe pas, toute la théorie de la relativité s'effondre, et nous retrouvons une fois de plus les dimensions absolues et le temps réel que nous avions avant 1905. Selon comment ces expériences -- avec toutes les précautions incroyables, leur élaboration, leur fréquence, et leur répétition dans des conditions très contrôlées -- sont regardées par la masse des récents physiciens et mathématiciens, je ne sais pas -- mais son explication semble indiquer un challenge plus sérieux pour Einstein que tout ce qu'on pû lui offrir les autres non-relativistes. J'aimerais savoir ce que les autres disciples de la relativité auront à dire de lui et de son travail. La lecture du Professeur Miller était illustrée, et était marquée par une grande clarté d'expression. De toutes les personnes qui assistaient, la plupart sont reparties avec une idée bien meilleure sur cette fameuse expérience que ce qu'ils avaient pu en avoir auparavent. (lettre à James F. Morton, 9 mai 1936)

     
    Observatoire Maria Mitchell


    L'une des attractions principales aujourd'hui est l'Observatoire Maria Mitchell dans Vestal Street (anciennement Goal Lane), qui s'adjoint le lieu de naissance de la célèbre astronome (professeur à Vassar) au nom qu'il porte. L'observatoire est moderne -- un mémorial au Professeur Mitchell. J'ai eu la chance d'y observer Saturne à travers son télescope de 5". (lettre à J. Vernon Shea, 10 février 1935)

     
    La Lune


    Et pour dire la vérité, je crois que la Lune m'a intéressé plus que n'importe quoi d'autre -- l'objet céleste le plus proche. J'avais l'habitude de m'asseoir nuit après nuit en m'absorbant des détails les plus infimes de la surface lunaire, et aujourd'hui encore je peux vous parler de chaque pic et cratère comme s'ils faisaient partie de mon propre voisinage. J'ai été très en colère contre la Nature pour soustraire à ma vue l'autre côté de notre satellite. (lettre à Alfred Galpin, 21 août 1918)

     
    Observatoire de Palomar


    ... Je prend encore un grand intérêt dans tous ces développements astronomiques tels que peuvent les comprendre les gens du peuple, et je suis excité de voir l'achèvement de ce miroir de 200 pouces. Rien n'approche cette taille de nos jours. D'autres planètes au-delà de Pluton pourront vraisemblablement être découvertes. (lettre à Miss Elizabeth Toldridge, 20 décembre 1930)

     
    Pluton


    Incidemment -- vous avez sans doute lu les rapports sur la nouvelle planète trans-Neptunienne... une chose qui m'excite plus que tout autre événement récent. Son existence n'est pas une surprise, pour les observateurs qui ont pendant longtemps su qu'un ou plusieurs mondes de ce type existaient probablement au-delà de Neptune ; toutefois, sa découverte effective y apporte moins de magie. Keats (pensant sans doute à la découverte d'Uranus par Herschel en 1781, ou peut-être à la découverte des premiers astéroïdes) a capturé la magie de cette découverte planétaire dans deux lignes du sonnet de Homer Chapman, et cette magie est certainement toujours aussi aiguisée qu'à l'époque.

    La découverte d'astéroïdes ne signifie pas grand chose -- mais une planète majeure -- un vaste monde inconnu -- est une toute autre chose. J'avais toujours espéré vivre pour voir une chose pareille -- cette fois c'est fait ! La première planète réelle à être découverte depuis 1846, et seulement la troisième dans l'histoire de l'espèce humaine ! Certains s'inquiètent de savoir à quoi elle ressemble, et quels fungi peuvent germer froidement sur sa surface gelée ! Je pense devoir suggérer qu'elle soit nommée Yuggoth ! Les observations la donnent plus petite qu'Uranus et Neptune, mais plus grosse que la Terre. Je vais attendre ses éphémérides et ses éléments avec grand intérêt.

    Elle va probablement recevoir un symbole et être traitée dans l'Almanach Nautique -- je me demande si elle aura sa place dans les almanachs populaires également ? Le prochain miroir de 200 pouces installé en Californie nous permettra probablement d'en dire plus sur elle -- et peut-être même aider à localiser des planètes encore plus lointaines. Il y a encore un intérêt à s'intéresser aux limites de notres système solaire, malgré les directives des astronomes de s'intéresser au problème plus large de l'univers stellaire. Une autre chose qui me plait est que la nouvelle venue est apparue à l'Observatoire de Lowell, à partir des propres calculs de Lowell. Pauvre Chap ! Ses observations et spéculations les plus connues n'ont jamais eu beaucoup de succès dans le monde scientifique ; mais maintenant, treize ans après sa mort, il est possible que ses calculs lui apportent une place majeure parmi les astronomes. (lettre à Miss Elizabeth Toldridge, 1er avril 1930)

     
    Le « Rhode Island Journal Of Astronomy »


    En janvier 1903, l'astronomie a commené à s'emparer de moi complètement. Je me suis procuré un petit télescope, et je surveillais les cieux constamment. Aucune nuit claire passée sans longues observations de ma part, et la pratique ainci acquise me fut d'une grande utilité pour mes écrits astronomiques. En août 1903 (bien que ne connaissant rien aux associations de presse), j'ai commencé à publier un papier amateur appelé "Le Rhode Island Journal of Astronomy", écrit à la main, et dupliqué avec un hectographe. J'ai ensuite continué pendant quatre ans, d'abord en tant qu'hebdomadaire, puis en tant que mensuel. (lettre à Maurice W. Moe, 1er janvier 1915)

     
    « Starlight », de Harlow Shapley


    Dans mon esprit, une connaissance élémentaire de la nature et du fonctionnement de l'univers est vraiment une part essentielle des bases d'un artiste ou d'un penseur. C'est le meilleur clarificateur de perspective que je connaisse, et c'est une éducation imaginative en elle-même à cause des magnitudes et distances affolantes qu'elle porte à notre attention. Mais toutes les distances décrites dans les deux livres que je vous recommande ne sont rien en comparaison à côté des gouffres envisagés par l'astronomie moderne. Pour en avoir une idée, il faut lire l'un des traités très récents -- le plus court et le plus clair étant, je crois, « Starlight » du Professeur Harlow Shapley. (lettre à Miss ELizabeth Toldridge, 20 décembre 1929)


    Les « Skyscrapers »


    Le 9 octobre, j'ai assisté à une rencontre d'une organisation locale d'astronomes amateurs -- Les 'Skyscrapers' (NdT: Les Gratte-Ciel), qui fonctionne plus ou moins sous les auspices de l'Université de Brown -- et ai été étonné par son niveau de développement. Certains des membres sont vraiment des observateurs scientifiques sérieux, et la société a récemment fait l'acquisition d'un observatoire privé bien connu (celui de F.E. Seagrave -- que Charles A.A. Parker a connu -- avec un télescope à réfraction de 8") dans l'ouest de l'état. Il ont séparé différentes sections sur les météores, les étoiles, les planètes,..., tiennent leurs propres meetings, et apprécient l'utilisation de l'observatoire du collège. Lors d'un meeting récent, il ont parlé des débuts de l'astronomie à Rhode-Island, et le télescope à réflexion de Joseph Brown -- utilisé pour observer le transit de Vénus ici le 3 juin 1769, en possession du collège depuis 1780 -- nous a été montré. (lettre à James F. Morton, mars 1937)

     
    Venus


    Mes observations (j'ai fait l'acquisition d'un télescope en 1903) ont surtout été confinées à la Lune et à la planète Vénus. Vous allez me demander, pourquoi cette dernière, dans la mesure où ses traces sont douteuses même dans les plus gros instruments ? Je vous répond -- ce MYSTERE m'a attiré. Mon égotisme masculin m'a laissé penser que je pourrais apporter la lumière sur quelque chose, avec mon pauvre petit télescope de 2" 1/4, qui a échappé aux utilisateurs du télescope de 40 pouces de Yerkes !! (lettre à Alfred Galpin, 21 août 1918) 


    Les leçons d'astronmie de Charles Young


    Incidemment -- c'est au tout début de 1903 -- le 12 février -- (qui tomba, cependant, un jeudi) que j'ai acheté mon tout premier livre sur l'astronomie. Il s'agissait des Leçons d'Astronomie de Young, que j'ai eu à la R.I. News Co., pour 1,25 $. Auparavent, j'avais seulement eu la copie de Grandma de la Géographie des Cieux de Burritt. Alors que je retournais dans l'obscurité du soir sur la plate-forme d'une voiture de Elmgrove Avenue -- je crois que c'était au 415, l'une des gracieuces voitures de J.M. Jones -- j'ai regardé les images et les en-têtes de chapitres avec peut-être la plus satisfante sensation d'anticipation que j'avais jamais connue. Plus littéralement, un cosmos entier de nouveaux mondes me faisait face ! (lettre à un correspondant inconnu, 12 février 1926)


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