• Les S.A.S à Bagdad,élimination de térroriste

    Les actions des forces spéciales de la coalition en Irak, par définition, sont rarement rendues publiques. Le spécialiste des questions de défense pour le Daily Telegraph, Sean Rayment, a eu accès à une action directe menée en juillet dernier.

    Dans un petit matin estival, quelques heures avant que le trafic ne remplisse les rues, une patrouille de 16 hommes du SAS a pris des positions d’embuscade autour d’une maison de Bagdad.

    Les soldats avaient été informés que cette maison était utilisée comme base d’attaque par les insurgés, et que jusqu’à 3 terroristes préparant des attentats suicides devaient la quitter plus tard dans la matinée.


    Vêtus de vestes explosives, ils étaient entièrement équipés pour frapper un certain nombre d’emplacements dans la ville. Les cibles des terroristes étaient probablement des cafés et des restaurants fréquentés par des membres des forces de sécurité irakiennes. Le renseignement était considéré comme « très sûr » et provenait d’un agent irakien qui avait été traité par des membres du service de renseignement extérieur britannique, également connu sous le nom de MI6, pendant plusieurs mois.

     

    Unité binationale clandestine


    Les attentes étaient hautes parmi les 16 soldats attachés à la Task Force Black (TFB), une unité secrète de forces spéciales américaine et britannique basée dans la capitale irakienne. Chacun des 4 hommes formant l’un des 4 groupes était un vétéran de nombreuses missions dont les renseignements étaient prometteurs – et qui n’ont pas mené à grand chose. 

    Cette unité compte un escadron du 22e régiment du Special Air Service, des membres du 1er détachement opérationnel de forces spéciales Delta, ainsi que d’autres éléments militaires issus des deux armées, et utilise les renseignements fournis par les espions irakiens contrôlés par la CIA et le MI6. Spécialisée dans les opérations clandestines, elle est l’une des rares unités de la coalition à avoir la mission spécifique de cibler les auteurs d’attentats suicides.

    Le plan de l’opération Marlborough était simple : permettre aux 3 terroristes présumés de quitter la maison et d’aller dans la rue, puis de les tuer d’une balle dans la tête avec 4 équipes de snipers. Chacune était composée d’un tireur d’élite, utilisant un fusil de précision L115A au calibre .338 [soit 8,6 mm, NDT] capable de tuer jusqu’à 900 mètres, d’un observateur et de deux hommes assurant la sécurité rapprochée.

    Les soldats, en contact plus tôt avec leurs commandants, avaient considéré l’option de pénétrer dans la maison pour tuer les terroristes, mais ce plan avait été jugé trop dangereux. L’enceinte de la maison aurait intensifié l’impact de toute explosion et tué tout le monde à l’intérieur.

    Les membres du SAS savaient qu’il était vital de tuer simultanément les trois terroristes. Si l’un d’entre eux avait la possibilité d’actionner son détonateur, de nombreuses personnes pouvaient être tuées ou blessées.

    Les équipes clandestines de snipers avaient comme appui une force de réaction rapide (QRF), qui en cas d’urgence fournirait une dizaine de soldats supplémentaires en l’espace de quelques minutes. La QRF était basée dans un emplacement sûr à proximité, et une équipe d’officiers techniques spécialistes des munitions était à disposition pour désamorcer les bombes. Une section de la police irakienne était également attribuée pour l’opération, sans être briefée sur les détails de l’attaque, pour traiter tout problème de foule.

    Pendant ce temps, 600 mètres au-dessus de la cité et de ses 5 millions d’habitants, un drone Predator contrôlé par la CIA fournissait un flux vidéo en temps réel au quartier-général de la TFB, située au fond de la « zone verte » sécurisée.

    Peu après 0800, des traducteurs arabisants, surveillant les systèmes d’écoutés cachés dans la maison, ont averti le centre d’opérations que les terroristes étaient sur le point de faire mouvement. Le message « stand by, stand by » fut envoyé aux 4 équipes.

    Lorsque les terroristes sont arrivés dans la rue, une rafale de coups retentit et les trois hommes s’affalèrent au sol. Chaque terroriste avait été tué d’une seule balle dans la tête – les tireurs d’élite avaient passé les jours derniers à répéter l’embuscade dans le moindre détail. Les membres du SAS avaient été avertis que seul un tir à la tête garantirait l’absence de toute détonation. Seules 3 des 4 équipes de snipers ont ouvert le feu, la quatrième faisant office de remplacement au cas où l’une des armes s’était enrayée, ou si une équipe avait perdu de vue sa cible.

    Le message que les terroristes avaient été tués fut envoyé au quartier-général, et les soldats se sont avancés pour vérifier l’état des corps. En s’approchant prudemment, il devint brutalement clair que la balle au calibre .338 – la plus grande utilisée par l’armée britannique dans un fusil – avait fait son travail.

    L’opération Marlborough a été jugée un succès total, et l’une des rares occasions durant laquelle la coalition a été capable de porter un coup décisif contre des terroristes suicidaires.


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