• Formation d'un Volcan

    Un volcan est synonyme de catastrophe. De tout temps, l’homme a redouté les volcans qui fascinaient son esprit car personne ne peut rester indifférent devant la puissance majestueuse d'un volcan. C’est l’étude des éruptions volcaniques qui nous a permis d’apprendre le peu que nous savons de ce qui se passe sous la croûte terrestre.

    Volcan ! Le simple fait de prononcer ce mot évoque aussitôt une image de destruction.
    Si les volcans sont symboles de tragédies, leur activité est essentielle à notre survie. Sans eux, la Terre exploserait. Chaque volcan joue en quelque sorte le rôle de soupape.

     


     Une Terre bien agitée

    On peut se demander pourquoi les éruptions volcaniques et les tremblements de terre se produisent dans certains endroits du globe.
    On associe volcan et tremblement de terre parce qu’on les rencontre souvent ensemble. Cependant, ils reflètent des aspects différents de la structure géologique de l’écorce terrestre.

    La fine écorce terrestre est composée de plaques. Pendant des milliers d’années, les continents ont dérivé avant de se retrouver dans leur position actuelle.

    Les continents ne sont que la partie visible d’immenses plaques de la croûte terrestre qui se déplacent continuellement (tectonique des plaques).
    Quand deux plaques viennent à se heurter, l’une enfonce l’autre, cela provoque tremblements de terre et éruptions volcaniques.

     Caractéristiques d’un volcan 

    Un volcan est formé de trois parties :

    Un réservoir de magma en profondeur
    Une ou plusieurs cheminées volcaniques qui font communiquer l’intérieur de la Terre avec la surface
    La montagne volcanique

    Les volcans jouent en quelque sorte le rôle de soupape. C’est le moyen que possède la Terre pour se débarrasser de son trop plein de chaleur interne.


    Tous les volcans se situent sur des zones fragiles de la croûte terrestre. Il existe plus de 10 000 volcans dans le monde aussi bien sur terre qu’au fond des océans.
    C’est d’ailleurs dans les fonds sous-marins, que les éruptions volcaniques sont les plus fréquentes.

     

    Le magma dans les zones de collision est plus chaud et plus léger que les roches.
    En montant, cette substance en fusion fait fondre d’autres roches sur son passage. Quand le magma remonte à la surface, on parle alors de lave.

     


    La lave est en fait une roche liquide qui est le résultat de l’évolution chimique du magma. Ce dernier étant un mélange de roche en fusion et de gaz dissous.

     

    C'est par les cheminées ou conduits que la roche en fusion arrive jusqu'à la surface. La température de la lave varie de 400 à 1200 °C. Les différences de température sont dues à la composition de la lave, et cela influe aussi sur la vitesse d'écoulement de celle-ci. 

    Mais, les volcans émettent également des projections, qui se solidifient dans l'air et que l'on appelle pyroclastites.


    Selon leur dimension, leur dénomination diffère :

    Les plus fins débris sont appelés cendres
    Les débris de quelques millimètres de diamètres sont appelés des lapilli
    Les débris de quelques centimètres sont appelés scories
    Enfin, les retombés de gros blocs de forme ovale sont appelés des bombes 

    Une fois solidifiées, les projections dessinent un paysage de science fiction .


     

     Les bienfaits des volcans

    Les volcans sont source de destruction mais également de fertilité. Les cendres volcaniques sont extrêmement nutritives. Elles servent d’engrais pour les récoltes.

    Des profondeurs de la Terre, jaillissent également des pierres précieuses. Une fois refroidi, le magma recèle des rubis, de l’or, des grenats …

    On trouve aussi du souffre. Il est extrait depuis des siècles. Actuellement, on l’utilise pour rendre le caoutchouc plus solide lors d’une opération appelée vulcanisation. 

     

    Après une éruption volcanique, la vie reprend rapidement ses droits. Après l’éruption du Mont Saint Hélène, on a retrouvé des souris du crépuscule qui avaient survécu.
    De même, des petits rongeurs avaient pu survivre grâce aux profondes galeries souterraines qu’ils avaient creusées.

    Il a fallu 10 ans pour qu’une forêt commence à voir le jour après cette éruption.

     1 500 avant notre ère : l’éruption du Santorin

    Vers 1 500 avant notre ère, la Méditerranée connaît la plus grande catastrophe de son histoire. Le volcan de Théra, l’actuel Santorin, dans l’archipel des Cyclades, entre en éruption, provoquant une véritable catastrophe dans toute la côte méditerranéenne.

     

    On a relié cette éruption volcanique à la disparition de la civilisation crétoise. Mais en l’absence de preuves, cela ne reste qu’une hypothèse.
    De même, le mythe de l’Atlantide est étroitement lié à cette catastrophe. Selon le mythe, les Atlantes auraient disparu en une seule journée.
    Nombreux sont ceux qui sont partis à la recherche de cette île engloutie sans jamais rien trouver.

    Au temps de sa prospérité, Thera abritait une population très évoluée. Les recherches effectuées par les archéologues ont permis de suivre l’anéantissement de l’île.
    Quelques temps avant l’éruption, la ville principale, Akrotiri, a subit un violent tremblement de terre.


    Des travaux de reconstruction ont été commencés juste après. Malheureusement, le volcan a commencé à se manifester.
    On pense que cette catastrophe a été progressive car on n’a retrouvé aucun cadavre, ni objets de valeur dans la ville.
    La première éruption a recouvert entièrement cette ville d’une fine couche de pierres. Mais, la seconde est fatale à l’île puisqu’elle a projeté des pierres qui forment une couche de 6 m d’épaisseur.


    Quant à la couche de cendres, elle s’élève à 30 m dans certains endroits de l’île.
    Dans la mer Egée, l’éruption cause de graves dommages. De nombreuses régions ont été plongées dans l’obscurité pendant des heures, voire des jours.
    Enfin, les nuages volcaniques ont entraîné des changements climatiques.


     

    Un mystère non résolu

    Les archéologues fixent l’explosion du Santorin entre 1 500 et 1 550 avant notre ère.
    Curieusement, la datation au carbone 14 d’objets retrouvés dans la ville situe l’explosion du Santorin un siècle plus tôt. De plus, les scientifiques ont la preuve qu’une catastrophe s’est produite vers 1628 avant notre ère. On ne sait pas s’il s’agit d’une éruption volcanique. Tout ce qu’on peut dire pour l’instant c’est qu’une catastrophe naturelle de grande ampleur avait touché cette île dans les 5 siècles précédents l’explosion.

    Le 24 août 79, la vie s’est arrêtée soudainement au pied du Vésuve. En quelques heures, deux cités, Pompéi et Herculanum, disparaissaient sous les cendres.
    En moins de 3h, ces deux villes ont été rayées de la carte. Surpris en pleine matinée, les Pompéiens n’ont pas eu le temps d’évacuer.

     

    Déjà en l’an 62, un tremblement de terre a détruit de nombreux édifices. Les travaux de reconstruction sont d’ailleurs toujours en cours au moment du drame.

    L’éruption a été d’une rapidité foudroyante. Les gaz accumulés à l’intérieur du volcan font exploser le bouchon de basalte qui obstrue le cratère.
    Aussitôt, aux projections de blocs se substitue une pluie de cendres et de lapilli.
    Un fleuve de boue descend jusqu’à Herculanum et à 13 h plus aucune vie ne subsiste sur la baie de Naples.

     


    L’explosion du volcan a crée un affolement indescriptible. 2 000 habitants de Pompéi succombent, soit asphyxiés, soit assommés par les roches, soit étouffés dans la bousculade. Certains ont voulu fuir par la mer mais ils ont été rattrapés par les flots de cendres et de boue. On a retrouvé près de 150 squelettes sur la côte près d’Herculanum.

    Pendant 2 jours, l’obscurité est complète sur les deux cités et les alentours.

     

    1883 : éruption sur l’île de Krakatoa

    Le 27 août 1883, le Perbuatan, volcan de l’île de Krakatoa est secoué par une éruption d’une exceptionnelle violence. L’éruption est suivie par une série de raz de marée gigantesques.

    Cette catastrophe a provoqué la mort de milliers de personnes, non sur l’île mais sur la mer. Le détroit de la Sonde est une route très fréquentée par les navires.

    Suite à la première explosion, un nuage noir de 27 Km plane sur le détroit. Dans l’après-midi, une série de grandes vagues commencent à déferler sur les côtes de Java et Sumatra.

     

    Le lendemain, les mêmes phénomènes recommencent de plus en plus violents. Enfin, l’explosion finale se produit et en quelques secondes, le cône volcanique haut de 800 m se volatilise.
    Cette explosion fait jaillir à une hauteur de 80 Km des pierres en fusion. Plus de la moitié de l’île de Krakatoa disparaît dans la mer.

    Simultanément, un tsunami haut de 46 m s’abat sur le nord-ouest de Java, ne laissant que mort et désolation.


    36 000 personnes meurent noyées à Sumatra.
    Les perturbations se sont fait sentir jusqu’à 18 000 Km du lieu de l’explosion. A Londres, l’éruption provoque des couchers de soleil flamboyants et aux Etats-Unis, des particules de laves pulvérisées retombent pendant 3 ans.

     

    On a également enregistré une baisse de la température du globe d’un demi degré pendant l’année qui a suivi.

    A Java, 80 millions de personnes vivent en permanence sous la menace d’une trentaine de volcans qui tuent en moyenne 2 000 habitant par décennie.
    Mais, la richesse des terres grâce à l’éruption de 1883 permet jusqu’à trois récoltes de riz par an.

     

    1902 : éruption de la Montagne Pelée

    Le 8 mai 1902 à 7h50, le volcan de la montagne Pelée émet une énorme détonation. Quelques minutes plus tard, les 30 000 habitants de Saint-Pierre, en Martinique, meurent brûlés et asphyxiés.
    Pourtant, depuis déjà plusieurs semaines, ce volcan donnait des signes d’entrée en activité. Alors, pourquoi l’évacuation n’a-t-elle pas été organisée ?

     

    La responsabilité des autorités dans cette catastrophe est indéniable. Cette éruption était prévisible. Dès le 25 avril, la montagne Pelée avait annoncé son réveil par de petites explosions. Jusqu’au jour du drame, une forte odeur de souffre planait sur la ville et une pluie de cendres tombait en permanence.

    La raison de cette passivité est incroyable : des élections doivent avoir lieu et l’évacuation de la ville obligerait à les décaler !
    Voilà comment on s’évite des tracasseries administratives supplémentaires.

     

    Il n’y a eut que 2 survivants : un prisonnier enfermée dans un cachot mal aéré qui a été enseveli sous les décombres pendant 4 jours et un cordonnier qui réussit à s’enfuir.

     

     1982 : El Chichon se réveille

    Le 28 mars 1982, le volcan mexicain El Chichon entre en éruption alors que tous les scientifiques le croyaient définitivement éteint.
    Le nuage de cendres que le volcan a dégagé a eut des conséquences sur le climat planétaire.

     

    Malgré des prémisses dès la fin de l’année 1981, aucun vulcanologue ne daigne se déplacer au Mexique. De même, le gouvernement mexicain n’ouvre aucune enquête.
    Et le 28 mars, une explosion colossale pulvérise un quart du dôme de lave. Aussitôt, un immense nuage de particules de lave s’élève à 17 Km de haut puis s’abat en pluie de cendres et de pierres sur toute la région.
    La première explosion dure 6 h puis le calme revient. Mais, dans la nuit du 3 au 4 avril, l’éruption reprend avec encore plus de violence.
    Plus de 3 500 personnes sont portées disparues.

     

    L’éruption de ce volcan a injecté dans la stratosphère des matériaux volcaniques. Un nuage volcanique fait alors le tour du globe. On lui doit une diminution des températures de 0,5°C à l’échelon planétaire ce qui est énorme.
    Selon les chercheurs, si des éruptions volcaniques de cette ampleur se produisaient régulièrement, elles pourraient entraîner une nouvelle ère glaciaire.
    Bien que cette théorie soit controversée, il n’y a aucun doute que les éruptions volcaniques influencent le climat.


    1985 : l’éruption du Nevado del Ruiz

    Le 15 novembre 1985, le Nevado del Ruiz, volcan colombien de la cordillère des Andes, est secoué par une violente éruption. 

    Une heure plus tard, la ville d’Arnero à 50 Km de là, est rayée de la carte avec ses 20 000 habitants.

    Le Nevado culmine à 5 400 m d’altitude et ses flancs sont recouverts de neige. Sous la chaleur, cette masse d’eau fond et libère un fleuve de boue et de cendres.
    Ce flot dévale les pentes à 80 Km/h pour submerger Arnero.

     
    Rien ne peut resister à des coulées de lave. Cette catastrophe avait été prévue par les géologues dès janvier 1985. Mais, le gouvernement n’a pris aucune mesure pour faire évacuer la population.

    Si cette catastrophe a sensibilisé le monde entier, ce n’est pas pour les nombreux morts mais pour l’agonie filmée en direct d’une fillette de 12 ans appelée Omayra.
    Les jambes de l’enfant sont coincées sous l’eau. Sa tête est maintenue hors de l’eau par une chambre à air.


    Cet enfant va résister pendant 60 heures sous les caméras du monde entier avant de succomber d’épuisement.

    Cette mort filmée en direct a mobilisé des millions de téléspectateurs et fait gagner aux chaînes de télévision des millions de dollars.
    Cet évènement pose un évident problème de déontologie que tout le monde s’est empressé d’oublier.


    La prévention des risques

    Toute prévision est incertaine. De plus, les experts sont rarement d’accord entre eux. Peut-on jeter la pierre aux autorités qui hésitent face à toutes ces contradictions à dépenser des sommes considérables pour faire évacuer une région ?


    Ces deux exemples illustrent bien le problème:

    En 1976, le volcan de la Soufrière, en Guadeloupe, donne des signes d’activité. Certains experts recommandent l’évacuation. D’autres, dont notamment Haroun Tazieff, ne sont pas du même avis.
    Plusieurs milliers de personnes ont été déplacées. Mais, pour rien, car l’éruption ne se produisit pas.


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