• L'intérêt pour ceux que l’on a qualifié pendant longtemps de « monstres humains » remonte à l'Antiquité. Grecs et Babyloniens, par exemple, voyaient dans ces créatures l'œuvre délibérée des dieux, et les empereurs romains les faisaient rechercher activement dans l'Empire pour les exhiber dans leur palais.

    Les « monstres » humains connaissent leur heure de gloire au XIXe siècle et au début du XXe siècle. Ils constituent alors l'attraction principale des foires et des cirques, où bon nombre d'entre eux font d'ailleurs fortune.
    Ces exhibitions nous semblent aujourd’hui intolérables mais, rappelons qu’au moment des faits, la prise en charge médicale n’existait pas. Pour ces hommes et ces femmes, nés avec une malformation, seul le cirque leur apportait un moyen de subsistance.
    Le terme de « monstre » n’a plus cours aujourd’hui. Avec les progrès médicaux, certaines malformations sont maintenant connues, telle l’anencéphalie.

    Il n'en reste pas moins que malgré le progrès, toutes les monstruosités engendrées par la nature stimulent la curiosité, souvent morbide du public, depuis toujours.

    L’anencéphale de Vichy

    L'histoire de l’anencéphale de Vichy est relatée par P. Duvic en 1973 dans un livre intitulé Monstres et monstruosités..
    Mais déjà, en 1933, le cas est évoqué dans un opuscule publié à compte d'auteur par le Dr Therre, l'Anencéphale à type «simiesque» de la maternité de l'hôpital de Vichy.

    Le 6 janvier 1897, une jeune fille de seize ans accouche à la maternité de Vichy d'un enfant qui ne survit que quelques minutes. Il est hermaphrodite et frappé d'une anomalie exceptionnelle : l'absence de cerveau et de cervelet, ou anencéphalie.
    En effet, l’anencéphalie est caractérisée par l’absence de crâne et d'encéphale (cerveau, cervelet et tronc cérébral) chez le fœtus ou le nouveau-né.
    À la place subsiste une masse de tissus rougeâtre dans laquelle on trouve souvent des restes méningés ou des neurones.
    De nos jours, la fréquence de l'anencéphalie est de 0,5 pour 1 000 naissances.
    Cette anomalie peut se détecter dès la 13e semaine de grossesse, par échographie. Si une interruption volontaire de grossesse n'a pu être pratiquée, le nouveau-né, néanmoins pourvu d'une face et d'yeux, a des mouvements lents et stéréotypés de la tête et des membres. Il a parfois des réflexes.

    Les anencéphales meurent habituellement au bout de quelques jours.

    Dans le cas de l’anencéphale de Vichy, on constate d’autres anomalies qui rendent ce cas vraiment énigmatique.
    Le nouveau-né ressemble incroyablement à un singe. Il a de longs membres, de gros yeux ronds et une conformation du thorax spécifique aux anthropoïdes. Seul lui manque le gros orteil opposable aux autres, différence fondamentale entre le singe et l'homme.

     

    Pour le Dr Therre, médecin-chef de la maternité de Vichy à l'époque, ces caractéristiques sont la conséquence non de l'anencéphalie elle-même, mais de l'acte de fécondation. Il se trouve en effet que la jeune fille a vécu jusque-là dans une roulotte en compagnie de son père et d'un singe, «son seul compagnon», affirme-t-elle, car tout contact avec une personne extérieure lui était interdit. Or, ce singe meurt 1e lendemain de l'accouchement de l'adolescente, apparemment sous l'effet du stress causé par la séparation. Le Dr Therre en déduit que l’enfant mis au monde est le fruit des relations sexuelles que la jeune fille a entretenues avec le singe.


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