• observation en infrarouge par le télescope Lick
    observation en rayons X par Chandra


    Chandra est un télescope lancé par la NASA, et spécialisé dans la détection d’astres émettant des rayons X intenses dans l’Univers, le plus souvent des trous noirs ou des supernovae. Ses observations, ainsi que celles des observatoires de Lick au Mont Hamilton (Californie), et Keck à Mauna Kea (Hawaii), ont permis à des chercheurs de surprendre une supernova, nommée SN 2006gy. Elle est située à environ 240 millions d’années lumière de la Terre, dans la galaxie NGC 1260. Les chercheurs ont d’abord cru que l’origine était une naine blanche, étoile très dense mais de masse à peine plus grande que notre Soleil, ayant explosé dans un environnement dense et riche en hydrogène. Mais les observations de Chandra ont écarté cette hypothèse : si ce dernier scénario s’était produit, l’explosion aurait émis des rayons X mille fois plus brillants que ceux que Chandra a observé.

     
    Les supernovae explosent souvent suite à l’effondrement d’une étoile en fin de vie, du fait de sa propre gravité. Mais dans le cas de SN 2006gy, les chercheurs pensent qu’un autre processus est intervenu. Dans certaines conditions, le coeur d’une étoile massive produit des rayonnement gamma si intenses, qu’une partie de leur énergie est naturellement convertie en paires de particules-antiparticules, conformément à l’équivalence masse-énergie E=mc². Cette énergie perdue, l’étoile s’effondre brutalement sur elle-même, avant que les réactions thermonucléaires qui ont toujours lieu en son coeur ne la poussent à exploser.

     

    Ces observations et les résultats qui en découlent laissent à penser que l’étoile à l’origine de cette explosion était environ cent cinquante fois plus massive que notre Soleil, ce qui ne s’était jamais vu auparavant. Les astronomes pensent que les étoiles de première génération devaient être aussi massives, et que ce type d’explosions n’était pas rare, peut-être même plus fréquent que l’effondrement en trou noir, pourtant prédit par les modèles théoriques.


     


    L’étoile en fin de vie Eta Carinae.

    Malgré la rareté de telles observations, le phénomène pourrait être assez commun. Dans notre propre galaxie, l’étoile Eta Carinae (Fig.2) située à seulement 7500 années-lumière de nous, a commencé à éjecter sa matière, et pourrait bien finir en supernovae de façon aussi violente que SN 2006gy. Si c’est le cas, l’observation "en direct" d’une telle explosion à courte distance constituerait un très beau spectacle stellaire, en plus de procurer des données extrêmement précises sur ce nouveau type de fin de vie d’une étoile.


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